L'appareil réspiratoire isolant (ARI) est indispensable au sapeur-pompier. Il lui permet de travailler en milieux toxique en mettant à sa disposition un air respirable isolé de l'atmosphère ambiante. L'utilisation de cet appareil est, cependant, loin d'être dénuée de risques.
L'ARI assure au sapeur-pompier une protection respiratoire (et oculaire) en maintenant au contact de son visage une atmosphére respirable isolée de l'air extérieur. Il permet de respirer, à une préssion légèrement supérieure à la pression atmosphérique, un airdétendu provenant de bouteilles où il est conservé à haute pression. L'ARI fait néanmoins peser sur l'intervention de lourdes contraintes psychologiques.
Contraintes physiologiques:
Le travail ventilatoire est majoré par les résistances que les tubulures et les valves opposent au passage de l'air alors même que les muscles respiratoires sont entravés par le port du harnais. Le circuit de l'air est également responsable d'une augmentation du volume de gaz mobilisé par la ventilation, mais ne participant pas aux échanges gazeux au niveau des alvéoles pulmonaires (effet espace mort).
Le travail cardiaque et la dépence énérgétique dans son ensemble sont augmentés par un exédent de charge de 15 à 20kg liée au poids de l'ARI et de la tenue d'intervention.
Les perturbations de la régulation thermique exposent au risque de déshydratation et de coup de chaleur, en raison de la conjonction d'un effort intense, d'un travail en ambiance chaude, d'une perte d'efficacité de la sudation lié au port de la tenue d'intervention, de pertes hydroliques importantes et de l impossibilité de boire sous le masque.
En outre, le stress, qui fait partie intégrantre de l'intervention en milieu périlleux, est a l'origine d'une élévatrion des besoins ènergétiques de l'organisme.
Contraintes psychologiques:
Le simple fait de s'équiper d'un ARI constitue déjà un stress dont l'importance est majorée en intervention réelle où il faut fournir un effort violen et affronter le danger. Les contraintes psychologiques peuvent faciliter l'apparition de réactions inadaptées, telle que le réflexe d'arrachement du masque.
L'ARI limite les perceptions sensorielles : le champ visuel est rétréci par le masque et l'acuité visuelle est réduite par le buée, la fumée, la vapeur ou la poussière. L'audition est limitée par le port du casque et par la perception des bruits ventilatoires dus à la détente des gaz et au passage de l'air dans les tubulures. L'odorat ne met plus l'ntervenant en contact avec le monde extérieur. Le port des gants d'interventionmodifie les sensations tactiles. Enfin, la perception du rayonnement thermique est amoindrie par l'interposition du casque facial et des gants au regard des zones sensibles aux infrarouges (visage, mains).
L'ARI modifie le schéma corporel en raison des contraintes de volume et de poids qu'il impose à l'intervenant. Il est responsable d'une augmentation de la circonférence thoracique de l'ordre de 50 à 60 %, redant difficile le franchissement des passages étroit. En outre, le harnais limite les mouvements de rotation, de flexion et d'extension du tronc et du coup, perturbant ainsi le repérage dans l'espace.
L'ARI majore l'anxiété en empêchant le communication verbale. Il rend ainsi l'opération plus complexe, perturbant l'émission ou la reseption d'ordres ou de consignes de sécurité.
Quelles solutions?
Du fait de ses lourdes contraintes, l'utilisation de l'ARI impose de respecter toute une série de mesures de sécurité : contrôle technique régulier du fonctionnement et de la conformité du matériel par une personnel agrée, maintenance soigneuse des appareils en dotation à la caserne et respect strict des régles de sécurité lors de l'engagement (travail en binôme, utilisation systématique de la ligne de vie et des autres appareillages de sécurité, respect des procédures de manoeuvre). Par ailleurs, une sélection médicale des individus aptes à utiliser l'ARI et un suivi médical de leur aptitude phisique sont indispensables. Pour garantir à l'utilisateur des conditions optimales de sécurité, l'individu déclaré apte doit aussi bénéficier d'un entraînement régulier, qui lui premettra de se préparer physiquement en atmosphère toxique.

